La polyglobulie de Vaquez (PV) est un syndrome myéloprolifératif causée, dans la majorité des cas, par la mutation somatique V617F du gène JAK2.

Sous sa forme mutée, la protéine kinase JAK2 est anormalement active et confère aux précurseurs des cellules sanguines une autonomie et une hypersensibilité vis à vis de l'érythropoïétine.

L’interféron alpha, couramment utilisé comme antinéoplasique et dans le traitement de l’hépatite C, agit en inhibant la prolifération des cellules tumorales par rapport à celle des cellules normales.

C’est une substance à l’étude pour le traitement de la PV. Une équipe française a mené un essai clinique de phase 2 dont l’objectif primaire était d’évaluer le taux de réponse à l’interféron pégylé alpha 2a ou peg-IFN alpha 2a (un interféron "retardé" qui peut être administré à un rythme hebdomadaire et non quotidien, et dont le bénéfice dans le traitement de l’hépatite C est meilleur) chez des malades n’ayant pas bénéficié d’autre traitement que des saignées ou de l’hydroxyurée pendant moins de deux ans.

L’objectif secondaire était d’évaluer la toxicité du peg-IFN alpha 2a et de mesurer le pourcentage d’allèles mutés dans les cellules sanguines des patients traités (probablement représentatif du nombre de cellules mutées circulantes).

Kiladjian et coll. publient des résultats partiels de cet essai, relatifs à la quantification des allèles mutés dans le sang des 30 premiers patients inclus, dont la durée moyenne de suivi était de 11 mois. 27 sur 30 malades présentaient la mutation de JAK2 au diagnostic et 89% d’entre eux ont vu leur taux d’allèles mutés diminuer sous peg-IFN alpha 2a (réduction d’au moins 50% dans plus de la moitié des cas).

Chez un patient, la mutation initialement présente à 50%, n’était plus du tout détectable après un an de traitement.

Ces résultats confirment que le peg-IFN alpha 2a cible préférentiellement le clone malin dans la PV, et montrent l’intérêt de mesurer le taux d’allèles mutés V617F JAK2 pour évaluer la maladie résiduelle.

Editions Orphanet